Matelotage

Faire un noeud, se faire des noeuds. Depuis l’apprentissage du noeud de chaise, le serpent, le puits, l’arbre etc… Je n’ai pas arrêté, j’ai passé plus de deux ans avec mon bout rose de deux mètres dans la poche, nouant et dénouant à l’envie.

J’en ai isolé quelques’uns que je considère « utiles sur un voilier ». Cela ne veux bien sûr pas dire que les autres sont inutiles. Du noeud de pendu à la baderne en passant par le noeud en étoile à un seul brin tous ont leur utilité ne serait ce que celle de la belle ouvrage. J’aime les choses compliquées, la voile pour tous les domaines qui la compose mais aussi la psychanalyse, le jeu d’échec et bien sûr le matelotage. Pour être un bon mateloteur, il faut avoir une bonne perception spatiale, un peu comme pour le Rubi-cube.

Je vous indique ici une liste de noeuds « utiles ». Les noeuds en rouge sont à connaître par tout équipier qui se respecte, les autres par tout skipper qui se respecte, quoi que pour cette dernière affirmation je dois mettre un bémol car j’ai entendu Jean Le Cam dire qu’il faisait des noeuds de chaise partout. Comme quoi ce que j’affirme ici est faux. Ce ne sont pas la qualité des noeuds qui fera le marin ni l’inverse d’ailleurs.

Nœuds utiles sur un voilier

Introduction

Nœud de chaise, nœud de cabestan et nœud de huit sont pour beaucoup l’essentiel de ce qu’il y a à connaître sur un voilier. Le nœud de chaise sert partout dès qu’il faut faire une boucle. Pourtant il est loin d’être le nœud idéal dans bien des domaines, il ne tient pas s’il n’est pas bien serré et n’est pas sous tension, sa résistance à la rupture atteint à peine 50% de celle du cordage dans lequel il est fait.

Pour bien faire il faut étudier le matelotage en prenant comme critère principal la fonction du nœud.

En rouge les nœuds de base indispensables.

Nœuds d’arrêt

Les nœuds d’arrêts sont utilisés en bout de cordage pour bloquer son passage à travers un œil ou un taquet.

  • Nœud de huit
    C’est le nœud par excellence que l’on fait au bout des écoutes (sauf celles de spi) ou des drisses afin qu’elles ne filent pas au loin. On doit aussi l’utiliser pour arrêter les bosses de ris sur la bôme, ici le nœud de chaise trop long empêche de prendre les ris correctement.Le nœud de huit se défait facilement.
  • Nœud de capucin
    Lorsque l’on a besoin d’un nœud d’arrêt qui ne se défait pas, le capucin est roi. Utilisez le pour fixer le bout sur les pare battages. Un nœud de capucin de part et d’autre de l’œil et votre pare bat n’ira jamais jouer les filles de l’air en rentrant au port.
  • Nœud de queue de singe
    C’est le nœud solide que l’on fait pour fixer un mousqueton au bout d’une drisse. Il ne peut pas être défait une fois serré.
  • Nœud étrangleur
    C’est une alternative au nœud précédent, plus facile et plus sûre.

Boucle

Le nœud de chaise et le plus connu, mais celui-ci ne tiens pas si le cordage n’est pas sous tension. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’est jamais utilisé en montagne où il est considéré comme dangereux.

  • Nœud de chaise
    Je fais une boucle, le serpent sort du puit … Facile à faire et à défaire, il faut porter attention à bien le serrer si on veut pas voir le point d’écoute du génois se balader seul sous le vent au prochain virement de bord. Responsable de beaucoup d’accidents en montagne il y a été abandonné.
  • Nœud de chaise double
    Eventuellement pour assurer une chaise de calfa. Dans ce cas faire un noeud de capucin avec la chicotte sur un des brins pour qu’il ne puisse pas glisser.
  • Nœud de huit double
    C’est le nœud de base des alpinistes. Ils l’utilisent pour faire une boucle autour d’un mousqueton. Facile à faire et à défaire, il ne glisse pas lorsqu’il n’est pas sous tension. A utiliser sur un voilier lorsque l’on fixe une drisse sur une chaise de calfa et qu’un coéquipier va grimper au mat. Les alpinistes n’utilisent jamais de noeud de chaise, c’est trop dangereux car il se défait tout seul.
  • Épissure carrée sur bout toronné
    Boucle définitive elle n’ampute pas la résistance du bout. Assez facile à faire. Il faut un épissoir pour écarter les torons.
  • Boucle épissée sur cordage tressé
    On peut toujours faire un noeud, sur un mousqueton de spi, mais une épissure est plus belle, plus légère. Elle demande un peu d’entraînement, mais quelle satisfaction.
  • Manille textile
    Réalisée en vectran ou plus simplement en dyneema, elle est deux fois plus résistante qu’une manille acier pour la moitié du poids. J’en ai toujours une dans la poche au cas où. Fait avec les nouvelles fibres creuses, il remplace les manilles en inox et tire toujours dans l’axe. Attention au ragage.

Amarrage

Il servent à fixer un élément sur un autre. C’est évidemment l’amarre sur le quai, mais aussi le barre battage sur la filière ou l’orin sur l’ancre.

  • Nœud de cabestan
    Un tour mort, dessus, dessous. Pour les pares battages sur les filières ou mieux la ligne de vie.
  • Nœud de taquet
    Il s’agit d’un nœud de cabestan sur un taquet. Un tour mort au maximum, on croise et une demi clé
  • Tour mort et deux demi-clés à capeler
    Pour l’amarrage au quai, il prend peu de place et peut se défaire et se régler depuis le quai. Bien plus social que les nœuds de taquets avec 12000 tours morts que l’on voit sur les pontons.
  • Nœud de grappin
    Un tour mort et deux demi-clés mais la première demi-clé passe dans le tour mord. Il se fait sur le diamant de l’ancre pour y fixer un orin et sur l’anneau de la baille à mouillage pour attacher le bout de mouillage au bateau.
  • Tour mort et nœud de chaise
    Pour l’amarrage au quai, c’est une très mauvaise solution car il faut être deux pour le régler ou le larguer, dans l’urgence on met donc au moins deux fois plus de temps pour partir.
  • Nœud de voleur
    Très utile pour un départ sur garde en solitaire

Nœuds d’ajut pour relier deux cordages,

  • Nœud d’écoute
    Pour relier deux bouts de diamètre différents, doit rester sous tension
  • Nœud d’écoute double
    Idem ci dessus mais ne glisse pas s’il n’est pas sous tension. Idéal lorsque l’on laisse trainer un pare battage dans le courant à l’arrière du bateau au mouillage en cas de baignade ou d’homme à la mer.
  • Nœud de bosse
    Pour assurer une écoute sous tension dont on veut déplacer son point de tire sans la détendre. Il permet de libérer un winch sans choquer l’écoute.
  • Nœud d’agui
    Deux nœuds de chaise l’un d’en l’autre. Utilisé souvent pour le remorquage, c’est une erreur, le ragage des deux boucles va scier le cordage rapidement.
  • Nœud de Carrick
    Le meilleur nœud de remorquage. Peut rester longtemps serré et mouillé et se défera facilement.

Lover un cordage

  • Lover
    Il y a la façon bourrin de lover une glène. Dans la main, autour du coude, dans la main, autour du coude etc… Cela vrille le cordage ou le fil électrique, qui va faire des coques et s’usera prématurément. Les marins on l’habitude de faire de grandes boucles qu’ils rejoingnent dans une main en prenant bien soin de faire un quart de tour avec l’autre main afin que les boucles restent des boucles et ne font pas de huit. Les alpinistes font autrement, ils font aussi des boucles mais par un mouvement de va et vient ils tiennent ces boucles par le milieu et celles ci pendent de chaque coté de la main qui les tiend.

Ferler une voile

  • Chaînette anglaise
    Super utile pour ferler une voile d’avant pour la nuit sur la plage avant. Pour la défaire, il suffit de défaire le noeud terminal, on tire et hop toute la voile est libre on peut la hisser.

Entretenir un cordage

  • Surliure
    Simplement nouée ou nouée et cousue, elle empêche la terminaison d’un bout de s’effilocher. Il n’est pas nécessaire de bruler la terminaison du bout, au contraire, cela peut occasionner un pour dur tranchant qui peut blesser la main si le bout glisse dans celle ci.

Quelques références

 

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