Un aller retour Royan – La Rochelle

Week end de l’ascension 2012.

A première vue cela ne pose pas de problème, le vent de nord ouest idéal pour le retour succède à coup sûr au vent de sud-ouest idéal pour l’aller.

Ajoutez les contraintes d’organisation : un week end planifié depuis deux mois. Ajoutez des contraintes maritimes : des marées bien placées. Ajoutez des contraintes météo : du vent mais pas trop et un état de la mer correct.

Que tous ces ingrédients soient réunis dans ce seul week end tiens de la chance, j’aurais peut-être dû jouer au loto.

Le bateau est le First 30 de notre ami Geoffroy, un de mes anciens stagiaires des Glénans.

L’équipage : Petra, Geoffroy et moi.

Le départ s’est effectué comme prévu vers 11h30, le chenal de Royan est très ensablé et il faut tout de même de l’eau. Le vent est dans le bon sens : est-sud-est quatre Beaufort. Après quelques manœuvres d’échauffement histoire de prendre en main le bateau nous décidons de filer vers les passes, il est encore très tôt pour cela mais la mer est plate et le vent nous permet d’étaler facilement le courant. L’idée est d’aller voir l’état de la mer là bas quitte à faire demi tour et d’attendre si c’est trop agité. En fait la mer reste quasiment plate jusqu’aux bouées 3 et 4 et nous passons sans problème et pleine marée montante.

Une fois dehors cap au 340 direction Chassiron. C’est sans problème, Geoffroy pour qui c’est une première dans ces eaux est aux anges. Son fidèle coursier de 1978 file comme l’éclair sur cette mer accueillante. Le vent tombe et nous envoyons le spi, quelques miles plus loin, il tourne nord-est et retour au près serré. La bête file toujours, notre planning prévisionnel risque d’être chamboulé et c’est tant mieux. Lorsque nous virons Chassiron vers 21h le vent a la bonne idée de virer au nord et nous continuons sous voile en ligne droite au lieu de l’avoir dans le pif. Le coucher de soleil nous apporte un superbe panorama d’une régate qui rentre du large sous spi.

Nous embouquons le chenal d’entrée du port des Minimes vers minuit. Le port est plein comme un œuf pas une place aux pontons visiteurs, les régates et les travaux du port en sont à l’origine. La capitainerie nous indique de nous mettre à couple sur le pont d’accueil. Là encore, le vent mal placé et puissant nous empêche toute manœuvre en sécurité. Nous pourrions nous mettre à couple de ce très très gros cata mais après pour monter dessus ce serait la cata. Il y a bien ce bateau abandonné au ponton gasoil. Allez hop, pour une nuit cela ira bien. Enfin au repos nous avalons notre dîner avant de succomber à l’attirance de notre bannette. A 1h30 tout de même une furie nocturne nous injoncte de quitter cette place car personne ne peux plus faire de gasoil. Sauf que nous sommes à couple d’un bateau deux fois plus long que nous et sur lequel il n’y a personne, s’il y en a un gêne ce n’est pas nous. Nous restons à bord s’il y a un problème nous aviserons. 8H00 le modèle masculin de la furie nocturne nous rappelle à l’ordre administratif. Nous restons à bord s’il y a un problème nous aviserons. Petit déjeuner, douche, règlement du port, nous repartons de ce charmant port accueillant où il ne se passerait rien s’il n’y avait pas ces pitbulls administratifs.

Notre plan du jour est d’aller frotter l’île d’Aix et fort Boyard avant de tourner les talons et de passer la nuit à Saint Martin de Ré. Nous déjeunons au coffre à Aix puis direction le pont de Ré. Nous serons amarrés dans Saint Martin vers 18h00. Nous resterons seuls au ponton, notre intention de partir à l’ouverture de l’écluse à 4h30 les as tous refroidis. Petite visite de Saint Martin avec la grimpette au clocher, une petite bière et retour au bateau pour un bon dîner et une mise au lit tôt en prévision du lendemain.

Alors que les deux journées passées nous ont offerts leur lot de coups de soleil et de bronzettes. La pluie nous accueille dès la sortie du port. Une pluie drue, compacte et en plus il n’y a pas de vent. Le moteur tout neuf de notre destrier nous poussera jusque sous le pont et même après. Puis nous renvoyons la toile vers Chauveau. Le bateau file dans le silence retrouvé. Le vent tourne, tombe, il faut absolument respecter l’horaire pour rentrer dans la Gironde. Nous remettons le moteur, puis le vent reviens peu avant l’entrée des passes et dans le bon sens. Nous renvoyons la toile, le bateau file, puis un ris, puis deux ris. Six nœuds sur l’eau, huit sur le fond, il pleut et la visibilité est horrible. Mais la mer reste correcte et la navigation se calme comme d’habitude en passant la bouée nord.

Un temps nous avions envisagé d’aller dormir au Verdon et de refaire une petite navigation le dimanche matin pour rentrer à Royan avant 9h00. Il n’a pas fallu trop longtemps pour se mettre d’accord sur un petit resto à Royan et une grasse matinée dimanche.

Le bateau amarré vers 16h00, nous faisons sécher tout ce que nous pouvons au soleil revenant.

Petit resto le soir, grasse mat et gros nettoyage de notre maison de quatre jours et nous revoilà reparti vers nos horizons respectifs. Mais avec une promesse : nous reviendrons.

Je crois que cela a fait plaisir à Geoffroy que nous l’aidions à accomplir ce court périple. Le bateau, lui, a déjà fait le tour de l’Atlantique. Nous sommes heureux de l’avoir aidé.

Il se passera sans doute encore beaucoup de temps avant que les conditions soient réunies pour réitérer ce même parcours en un week end. Mais, j’en suis sûr, il s’en passera beaucoup moins avant que nous allions rendre une petite visite à tous ces endroits merveilleux le long de la Gironde.

A bientôt Goeffroy et L.H.

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